samedi 15 avril 2017

15 avril 1764 : Décès de la marquise de Pompadour

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Madame de Pompadour, Jeanne Poisson de son vrai nom, a bouleversé le règne de Louis XV. Sans elle, tout aurait été différent, à commencer par le roi lui-même. Maîtresse, mécène, intendante des plaisirs, confidente du roi … La marquise de Pompadour a marqué les esprits et reste une des plus flamboyantes favorite royale à ce jour. Et elle l'est jusque dans sa mort, puisqu'elle meurt au château de Versailles, privilège seulement accordé au roi et à la famille royale. Nous allons en parler aujourd'hui, peut être reviendrai-je un jour sur sa vie si riche, digne d'un roman …


Depuis quelques semaines, la marquise de Pompadour se plaignait de l'humidité et la fraîcheur de ses appartements situé au rez-de-chaussée du château de Versailles. Ah, que ses petits appartements au second étage étaient agréables, plus facile à chauffer, plus lumineux aussi. Et pour les avoir visités, je peux vous confirmer que l'on s'y sent très bien. Mais là, tout est bien trop grand pour l'ancienne favorite devenue l'amie du roi. A 42 ans, elle se sent déjà fatiguée par les intrigues de la Cour et tout le travail, il ne faudrait pas non plus que sa santé décline. Et elle en a vécu des choses !

Pourtant, on n'en attendait pas autant de sa personne ! Née à Paris en 1721, Jeanne-Antoinette Poisson, fille de François Poisson, écuyer de Philippe II d'Orléans, Régent du royaume, et de Madeleine de la Motte, femme de bonne famille, connaît une enfance assez mouvementée : son père est condamné à l'exil, elle est confiée au Couvent des Ursulines pendant trois années avant que sa mère la sorte et s'occupe de son éducation. Jeanne Poisson se voit éduquée avec soin pour les arts (dessin, chant, musique, peinture … ) mais aussi pour l'art de la conversation, de la déclamation et continue à étendre ses qualités dans le salon littéraire de Madame de Tencin. Elle aurait pu continuer une vie de femme parisienne classique puisqu'elle épouse à 20 ans Charles-Guillaume Le Normant d'Étiolles, neveu de l'amant de sa mère, et avec qui elle a deux enfants. C'est une jolie femme « svelte, aisée, souple, élégante ; son visage était d'un ovale parfait, ses cheveux plutôt châtain clair que blonds. Ses yeux avaient un charme particulier, qu'ils devaient peut-être à l'incertitude de leur couleur. Elle avait le nez parfaitement bien formé, la bouche charmante, les dents très belles, un sourire délicieux, la plus belle peau du monde » déclare le lieutenant des Chasses de Versailles.

Mais comment cette jeune femme a t'elle pu rencontrer Louis XV ? C'est très simple, et aussi improbable : le couple possède le château d'Etiolles, à proximité de la forêt de Sénart où le roi aime chasser. Et tout s'enchaîne puisqu'ils se rencontrent au bal masqué donné à Versailles le 25 février 1745, le fameux bal où Jeanne se trouve en Diane chasseresse et lui en If. Ils se revoient puis Jeanne vient rendre visite régulièrement à Louis XV qui finit par l'installer au château de Versailles, dans un petit appartement au second étage, juste au-dessus du sien. Très rapidement, Madame Le Normant d'Etiolles devient la marquise de Pompadour, ainsi que la maîtresse, puis favorite du roi. Son crédit auprès du souverain ne cesse de grandir, puisqu'elle fait disgracier le ministre Maurepas, négocie le mariage du fils unique de Louis XV, place son frère comme Directeur général des Bâtiments du Roi (il aménage notamment la place Louis XV, devenue place de la Concorde). Je vais passer très vite mais la relation entre les deux amants évoluent très vite, Madame de Pompadour n'est pas vraiment adepte des plaisirs de la chair, leur relation tourne au platonique et à l'amicale, et Jeanne devient davantage une intendante des plaisirs du roi en organisant des fêtes, des représentations théâtrales, et aussi se charge de lui trouver des filles, et fait créer le controversé parc aux Cerfs.

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Marquise de Pompadour, par François Boucher, 1750 (Harvard Art Museums)
Pendant presque vingt ans, la marquise de Pompadour doit gérer la mélancolie chronique de Louis XV, entretenir des relations politiques, faire face aux cabales de la Cour, voit sa fille unique mourir, augmente son patrimoine avec l'acquisition – entre autre – de l'hôtel d’Évreux, aujourd'hui Palais de l’Élysée … De santé fragile, cela ne s'améliore pas au fil des années, davantage dans ces appartements du rez-de-chaussée comme je vous en parlais au début. Depuis janvier 1764, la marquise ne cesse de tomber malade, enchaîne une fluxion de poitrine, une fièvre militaire, s'en sort, mais rechute au début du mois d'avril et se tient au plus mal. Louis XV continue de la visiter mais tous sentent que c'est la fin. Le dimanche 15 avril 1764, Jeanne de Pompadour se confesse et reçoit l'extrême-onction par le curé de la Madeleine de la Ville-l’Evêque, elle s'assoupit un instant, mais demandé à l'homme d'église de rester auprès d'elle, pour partir ensemble. A 19h30, Jeanne-Antoinette Poisson, devenue marquise de Pompadour, puis même duchesse de Menars s'éteint donc au sein du château de Versailles, seulement réservé à la famille royale.

Selon son ami le duc de Croÿ « Elle ne montra jamais de regret de quitter la vie, témoigna la plus grande fermeté et tranquillité » Son corps est transporté à l'Hôtel des Réservoirs, résidence de la marquise juste à côté du château (on y accédait par un couloir ouvert), où son corps est veillée dans une chapelle ardente durant deux jours. Le lendemain, le 16, un service funèbre solennel est célébré à Notre-Dame de Versailles, avec un cortège conduit par cent prêtres et 24 enfants de chœur, avec 8 porteurs à bras pour le cercueil, suivi 42 domestiques en livrée de deuil portant des cierges et 72 pauvres en manteau noir.


Le surlendemain de sa mort, le mardi 17 avril, un corbillard décoré d'une couronne de duchesse et tiré par six chevaux quitte l'Hôtel des Réservoirs, part de la place d'Armes à 18 heures jusqu'à Paris. Il fait un temps affreux, avec pluie et grand vent, mais Louis XV sort sur son balcon face à l'avenue, avec avec son premier valet de chambre Champlost, il pleure et dit « voilà les seuls devoirs que j'aie pu lui rendre ». La marquise est ensuite inhumée dans le couvent des Capucines, aux côtés de sa mère et de sa fille. Le couvent a aujourd'hui disparu et jamais n'a été retrouvé le tombeau de la grande favorite, situé aujourd'hui aux alentours du 3 rue de la Paix.

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