vendredi 28 octobre 2016

28 octobre 1533 : Mariage de Catherine de Médicis et du futur Henri II



Oh un mariage bien arrangé comme on les aime (ou non), ça faisait un petit temps sur le blog ! Aujourd'hui, on parle encore d'une union de la Renaissance, mais heureusement bien moins tragique que celle de Marguerite de Valois et Henri de Navarre ! Heureusement que tous les mariages ne finissent pas en bain de sang, ce n'est pas Game of Thrones  … Aujourd'hui, je vous parle d'un mariage aux allures modestes, d'un couple pas destiné à régner, entre un cadet de France et une fille de Florence, sans réel titre reconnu autre que l'argent. Henri d'Orléans épouse donc Catherine de Médicis en cette année 1533, joli mariage princier, pauvre mariage royal et qui va donner un couple atypique dans ce 16e siècle troublé …


Chouette, un mariage ! Le premier des enfants du roi François 1e, après deux filles mortes en bas âge et un dauphin sans alliance pour le moment, a passé devant l'autel, ça se fête. Mais qui sont les futurs époux ?

Commençons par les dames : Catherine, fille du duc d'Urbino Laurent II de Médicis et de Madeleine de la Tour d'Auvergne, arrière-petite-fille de Laurent le Magnifique et cousine du Pape de l'époque, Clément VII, elle est l'héritière de la fortune de la branche cadette des Médicis. Elle passe une partie de son enfance à Rome, loin des révoltes contre les Médicis à Florence. Elle est très courtisée, plus pour sa richesse que pour sa beauté, car elle n'a malheureusement pas les grâces et le charme italien tant rêvé « elle est très vive, montre un caractère affable et des manières distinguées … Elle est de petite stature et maigre ; ses traits ne sont pas fins, et elle a les yeux saillants, comme la plupart des Médicis ». Heureusement, elle reçoit une éducation humaniste, avec une passion pour Machiavel et la politique, mais aussi pour les mathématique et l'astrologie.

Portrait de Catherine de Médicis, par François Clouet

Henri, second fils du roi de France François Ie et de Claude de France, n'était pas destiné à régner, le rôle étant destiné à son aîné, François, duc de Bretagne. Il est donc titré duc d'Orléans et pense à mener une vie relativement tranquille. Mais après la défaite de Pavie et l'enfermement de son père à Madrid, son destin bascule : Le traité de Madrid stipule la libération de François Ie contre l'emprisonnement de ses deux fils aînés. Voici donc François et Henri prisonniers de Charles Quint durant quatre ans, où son caractère sombre et taciturne se renforce, devenant aussi hypocondriaque. Il faut préciser qu'il est enfermé à 8 ans, et n'en ressort donc qu'à 12, paie ton enfance, bravo papa ! Heureusement pour lui, il a pour préceptrice la belle Diane de Poitiers, qu'il adore et qu'elle rassure. D'ailleurs, elle deviendra plus tard sa maîtresse.

Portrait d'Henri II jeune, par Corneille de Lyon

Pourquoi un tel mariage ? Un intérêt financier tout d'abord vu la fortune de la jeune femme, puis politique pour avoir une influence à Rome, contrecarrer Charles Quint et aussi, garder une mainmise sur l'Italie, le grand rêve de François Ie. Le mariage serait célébré à Marseille et Catherine de Médicis quitta Rome pour Villefranche début octobre, mais dut attendre jusqu'au 23 octobre où elle fit son entrée solennelle à Marseille. Pourquoi ? Quelques questions financières : le roi accordait une rente de 30.000 francs à son fils, un château meublé à Catherine, sans oublier les terres de sa mère en Auvergne ; le Pape donne quelques villes d'Italie (Livourne, Pise … ) et une dot d'environ 100.000 écus d'or.

Enfin, la jeune femme de 14 ans put rencontrer ce qui sera sa future famille à Marseille : elle baisa les pieds de François 1e, salua son épouse Éléonore d'Autriche, ainsi que son fiancé. Ce dernier n'est pas emballé par le physique de sa promise, mais se montre courtois.

Henri II, roi de France, Catherine de Médicis et leurs enfants,
par Alfred Johannot, Musée des Beaux arts de Besançon
Enfin, en ce jour du 28 octobre 1533, François Ie, en grand habit, vint chercher Catherine, habillée tout de brocards d'or et d'hermine, dans ses appartements pour la conduire jusqu'à l'autel de la chapelle du logis pontifical où on les attendait. Après la messe, le Pape bénit lui-même cette union et les époux s'échangèrent les anneaux. Le soir, il y eut un grand banquet organisé par Clément VII, suivit d'un bal masqué. C'est qu'on sait faire la fête à Rome, il faut le prouver ! Puis, la reine Éléonore et ses suivantes emmenèrent les deux époux à leur chambre où le lit était paré de draps d'or. Après tout, ils étaient en âge de faire une vraie nuit de noces et, selon les contemporains, Henri de Valois a mis de l'ardeur à la tâche, le lendemain, on se rendit compte que le mariage était consommé.

A partir de là, vingt cinq ans de mariage allait se dérouler dans leurs vies, avec quelques bousculades. En effet, en 1536, le dauphin François meurt subitement, Henri et Catherine sont destinés à régner, ce qu'ils feront à partir de 1547 à la mort de François Ie, où le dauphin devient Henri II. Leur union fut stérile durant dix années sans voir pointer le moindre héritier. Ironie du sort, c'est Diane de Poitiers, la maîtresse royale, qui aide la dauphine à tomber enceinte en conseillant son amant d'aller visiter plus souvent le lit de son épouse. Catherine de son côté, consulte des astrologues, porte des talismans et boit des philtres de fécondation. Enfin, le 19 janvier 1544 naquit Fançois, futur François II. S'en suivirent dix gamins en douze ans, en gros elle a passé une décennie enceinte, dont sept ont atteint l'âge adulte, trois rois de France, une reine d'Espagne et une reine de France, beau score Cathou ! Quand Henri II meurt bêtement en 1559, Catherine, effacée malgré elle de la politique, se met en avant, et devient régente et conseillères de ses trois fils (François II, Charles IX et Henri III), vit dans le tourment des guerres de religions et entrera dans l'Histoire, avec une légende noire pour les uns, mais surtout comme une grande reine. Quel destin pour une florentine orpheline n'est-ce pas ?



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