vendredi 3 août 2018

Venise et ses îles : Lido, Burano, Murano, San Michele




Venise déboussole quiconque y met les pieds. Outre l'architecture magnifique, ces petites rues sinueuses, et ces canaux à enjamber par de petits ponts partout à travers la ville, on découvre très vite qu'il n'y a que deux moyens de locomotions : la marche et le bateau. Et la deuxième solution est vivement conseillée quand on veut visiter les autres îles de la lagune. Car oui, pour cet article, je vous emmène découvrir brièvement quatre îles magnifiques pour se changer les idées, se perdre un peu et apprendre un peu plus sur Venise. Montez à bord …


Je n'aurais jamais vraiment fini de parler de Venise. Bon j'arrêterais un jour d'en parler ici, mais cela revient dans mes conversations, la douceur de vivre, le dépaysement, cette beauté enchanteresse, tous ces palais, musées, églises à voir encore et encore. Puis le clapotis de l'eau à bord d'un vaporetto de nuit, me ramenant vers mon hôtel, avec ce soleil étoilé, moi qui n'en voit que trop peu à Paris. Ce bercement des eaux de la lagune, pour s'endormir après une journée bien remplie ou, à l'inverse, d'une nuit trop courte. La vaporetto coûte très cher (7,5€ le voyage, durée 75min) mais une carte sur plusieurs jours est vite rentabilisée. Nous restions cinq jours avec mon meilleur ami (Ciao Mario ♥), et de prendre un ticket sept jours (60€) a vite été rentabilisé. Avec un aller-retour sur le Lido, plus tous les déplacements dans Venise quand on en pouvait plus de marcher, cette carte a été plus qu'utile ! Et puis surtout, elle nous a aussi permis de faire le tour des îles sans regarder sa montre pour ne pas payer un nouveau ticket. Parfait pour ne pas stresser en vacances …

Le Lido


Ah non, on ne parle pas du cabaret sur les Champs Élysées, mais bien de l'île vénitienne. Même si nôtre hôtel s'y trouvait là, le peu de temps et l'abondance de visites n'a pas permis d'explorer cette île d'une douzaine kilomètres de long, ni même d'aller faire un tour à la plage. Pourtant, cela sent la station balnéaire avec ses « ville » (ou villas) du début XXe siècle, et toutes les constructions qui se sont ajoutées au fil du temps.



Un matin, nous avons décidé de nous rendre dans le sud de l'île, où il n'y a pas grand-chose à part un autre port et des centres sportifs. Non, nous voulions voir au plus près l'île de Poveglia, tout près du Lido. Mais pourquoi, surtout qu'on ne peut pas aller dessus ? Oh, la rumeur veut que l'île soit tout simplement hantée. Il faut dire qu'elle a une sacrée histoire : dans l'Antiquité, on y mettait en quarantaine des malades de la peste, enfin on les a surtout laissés mourir. Durant le Moyen Âge, l'île fut peuplée avant que tout le monde déserte qu'elle serve de lazaret pour installer les malades de la peste. On estime à environ 160.000 morts enterrés sur cette île, vous voyez venir le côté hanté ? Poveglia resta l'île à peste, du moins à quarantaine, notamment pour les bateaux venus d'ailleurs. En 1922, quelqu'un se dit que c'était une bonne idée d'y construire un hôpital psychiatrique, et les patients commence à voir des fantômes de pestiférés. Le médecin en charge, un homme consciencieux tout ça, a écouté ses patients … avant de pratiquer sur eux des lobotomies. Puis un jour, il vit aussi les apparitions et se jeter du haut du clocher de l’hôpital. Étonnamment, cet établissement a fermé ! Et si l'île a continué de jouer les quarantaines pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle est aujourd'hui fermée au public. L’État italien cherche même à vendre Poveglia depuis 2014 !



Le Lido reste une île agréable, avec de charmants hôtels, sans doute plus au calme (et moins chers) que certains au cœur de Venise. Nous avons séjourné à la Villa Delle Palme, une charmante maison d'hôtes très agréable, avec une personnel adorable et j'y reviendrais. Mais je vous en reparlerais dans un prochain article !



Burano


L'île de la dentelle et des pêcheurs affiche un cadre tellement hors norme, le dépaysement à Venise dans Venise … Il s'agit de l'île la plus éloignée de la principale avec sa voisine d'en face, Torcello. Il s'agit en fait de quatre îlots reliés par trois canaux, et toute l'île est remplie de maisons colorées, magnifiques et presque irréelles. Ici, la dentelle a la part belle, avec une activité remontant au XVIe siècle et ayant fait les beaux jours de l'Europe jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Aujourd'hui, un musée se consacre exclusivement à cette pratique, mais je ne l'ai pas visité. Et pour le côté pêcheurs alors ? Outre la lagune tout autour et les bateaux, ce sont les maisons elles-mêmes qui rappellent cette pêche. Le rapport, me dites vous ? On peignait les maisons de couleurs vives pour que les pêcheurs puissent les voir malgré la brume ! Et encore aujourd'hui, les habitants ont l'obligation de repeindre régulièrement pour garder l'éclat !







De toutes les îles visitées, elle est mon coup de cœur. On se croit un peu à Venise avec les canaux et en même temps pas du tout, cela reste très surprenant et agréable. Bien sûr, tout ici est photogénique, même un chat couché à l'ombre devant une maison. Nous avons profité pour nous perdre dans les petites rues, à observer chaque bâtisse, avec les couleurs qui se suivent sans se ressembler et pourtant formant un ensemble harmonieux. J'ai adoré l'aspect village aussi, on y croise des gens assis sur des chaises pliantes au coin des rues, à interpeller d'autres habitants pour se parler, ou alors discuter de fenêtre à fenêtre, l'air de rien. Bien sûr, le centre-ville a muté en centre touristique avec ses restaurants et ses boutiques, mais cela garde un certain charme. Petit détail amusant : il n'y a qu'une seule église à Burano, la chiesa San Martino !







Nous y sommes allés le matin pour éviter la foule, et il y avait déjà du monde. Depuis le Lido (et en haute saison), le vaporetto 14 vous y emmène directement, sans passer par Venise. Sinon, il faudra prendre la 12 à Fondamente Nove !

Murano


Qui ne connaît pas Murano, la célèbre île du verre ? Au 13e siècle, le Sénat votent le déplacement des verriers et leurs fours à Murano, pour éviter les incendies. Depuis cela est resté, tous les artisans se retrouvent dans cette petite Venise avec son grand canal au milieu ! Il y a bien sûr un musée du verre, là encore pas visité, mais réputé. L'île n'a plus de réputation à faire, beaucoup de lustres de palais vénitiens viennent de là. J'en ai même vu un dans la maison de George Sand à Nohant, c'est dire ! 








Tout est très joli, même si blindé de monde en plein après-midi, pourtant les églises restent toujours aussi vides. Nous en avons visité deux : la grande San Pietro Martire au cœur de l'île datant du XIVe siècle et reconstruite au XVIe, où l'on peut admirer des Tintoret et Véronèse à l'intérieur. Comme beaucoup d'églises, les photos sont interdites. De l'autre côté du canal se trouve une église atypique, Santa Maria e Donato ! De l'extérieur, on se croit davantage en Toscane qu'en Vénétie, et l'intérieur se veut moitié vénitien, moitié byzantin avec ses mosaïques. J'ai adoré cet endroit, notamment les os de dragon. Oui, vous avez bien lu, et non nous ne sommes pas dans Game of Thrones. San Donato (Saint Donat en français) a, comme Saint Georges et Saint Michel (et sans doute d'autres), repoussé un dragon non loin d'ici et les os de la bête sont maintenant derrière l'autel de cette église.





Voici les eaux de dragon ! 



Murano ressemble beaucoup à Venise, la chaleur et la foule ne m'a peut être pas aidé à apprécier l'île autant que je le voulais, mais elle reste à découvrir et je suis sûre que des petites pépites se cachent au détour des rues. Elle est accessible via Fondamente Nove par de nombreuses lignes !

San Michele


Comment expliquer aux gens qu'on aime visiter les cimetières ? Il faut l'avouer, certains sont vraiment magnifiques, à l'instar du Père Lachaise à Paris, par exemple ! Alors là, une île-cimetière, les vénitiens ont mis la barre bien haute ! Enfin pas vraiment, eux auraient sans doute aimé gardé leurs cimetière paroissiaux au sein même de l'île, m ais pas Napoléon ! En 1807, l'empereur Napoléon Ie, aussi roi d'Italie, décide de fermer tous les cimetières vénitiens et que l'île de San Michele, à mi-chemin entre Venise et Murano, devienne le principal cimetière de la ville.













On croise de tout sur cette île, du moderne à l'ancien, des columbariums avec des fleurs en plastique, des monuments magnifiques, des cénotaphes, des tombeaux en arc de cercle, un coin pour les ecclésiastiques, un pour les militaires … tout se trouve ici, avec des divisions entre les trois grandes branches chrétiennes (catholiques, protestants, orthodoxes) car le cimetière juif se trouve sur le Lido. Presque personne s'arrête ici, et l'île est immense, on y trouve la tranquillité et on se balade. Bien sûr, il faut apprécier les cimetières, mais si c'est le cas, les lignes 4.1 et 4.2 vous y emmènent ! Et si vous regardez bien les noms, vous trouverez des familles patriciennes ou encore, Igor Stravinsky !

Autant que Venise elle-même, les îles sont à visiter pour voir un peu autre chose et découvrir davantage. J'aurais voulu voir aussi Torcello, San Erasmo. San Lazaro … Autant dire que j'ai de quoi visiter la prochaine fois … Et vous, avez vous visité les îles ? N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

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